lundi, 24 février 2020|

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Le corps de l’écrivain. Chétivité, fatigue et épuisement : rester au lit

"On est couché tantôt contre ce mur, tantôt contre cet autre, c’est ainsi que la fenêtre voyage autour de nous. » Kafka, Journal, p.13.

Dans le Journal, Kafka nous fait part d’une de ses occupations préférées : s’étendre sur son lit. Souffrant d’une anorexie chronique, l’écrivain d’une maigreur squelettique écrit dans un profond isolement social. Son unique désir est la solitude. Le Journal de Kafka est, entre autres, une longue description des impossibilités corporelles qui conditionnent la vie et le travail de l’écrivain : impossibilité de lutter contre la fatigue, l’impossibilité de bien manger, l’impossibilité de solitude. On va "grossir au microscope" les passages où l’écrivain réfléchit sur son propre corps. Les têtes penchées, le cou allongé, la femme-serpent, le pétitionnaire sans bras représentent non seulement la mise en place de figures d’expression dans le texte. Ces figures prennent place sur les pages du Journal sous formes de dessins. Ces derniers ne servent ni à illustrer ni à garnir le texte. Ils font partie du procédé stylistique tout en infléchissant la lecture du Journal et enrichissant sa propre textualité. Ces corps disproportionnés, déformés, transformés défont l’image d’un corps traditionnellement céphalique et troncal. L’impossibilité du corps minable d’être la mesure de toute chose parce qu’il devient tantôt infime et tantôt démesurés. Passer d’un corps microbique à un vaste corps géographique.

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A propos de "Les usages politiques du corps". Université d’été du 25 au 30 aout 2014 en Albanie.
New ethnic identifications are not created out of nowhere nor are they natural appearances of historic roots but usually follow a certain strategy which fulfills certain needs. One of the needs can be the avoidance of racist stereotypes. This is the case with Egyptians and Ashkali who try to (...)
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