lundi, 24 février 2020|

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Le corps féminin au service d’un débordement des normes : réalité et fiction (cas d’Haïti)

On ne saurait comprendre le rapport de la femme haïtienne avec son corps sans ne pas mettre en évidence les rapports de force et de domination existant entre hommes et femmes. Dans une société où l’androcentrisme se fait sentir, où le patriarcat instaure une exclusion sociopolitique de la femme, le corps féminin, tant dans la réalité que dans la fiction, subit des stigmates et des restrictions. Il est interdit à la femme de mettre en valeur son corps dans la réalité et dans la fiction. Malgré ce système de répression, les femmes haïtiennes créent des moyens divers pour mettre en valeur leur corps vu comme objet et sujet tabous. Ainsi, le corps féminin s’inscrit dans un dynamisme social et politique laissant apparaitre des catégorisations symboliques, identitaires ou arbitraires qui font que les rapports entre les deux sexes reposent sur des principes de valorisation et de dévalorisation. En s’appuyant sur le carnaval (vu comme une manifestation culturelle ou en d’autres termes un spectacle de masse mettant au grand jour les mœurs, les traditions et les représentations symboliques) et sur le roman de Marie Vieux Chauvet, Amour, Colère et Folie), on peut s’interroger sur les valeurs politiques et sociales attribuées au corps féminin dans la société haïtienne. Sachant que le carnaval et le roman constituent deux espaces de débordement des normes, nous voulons voir la différence de la représentation du corps féminin entre la période réglementée de la société haïtienne et celle de frénésie, de défoulement, de liberté, de fiction. Il est aussi possible de voir le rôle ou les implications de l’art dans son pouvoir de permettre au corps féminin de résister aux tabous sociaux et politiques. Une analyse de certaines images carnavalesques ainsi qu’un regard sur l’intrigue du roman nous permettra de montrer comment le corps féminin peut être appréhendé comme objet politique et comme objet de politique où se jouent des rapports de pouvoir.

Loudmie GUE est doctorante en philosophie et étudiante en Master 2 Genres, pensées des différences et rapports de sexe à l’Université Paris 8.

 
A propos de "Les usages politiques du corps". Université d’été du 25 au 30 aout 2014 en Albanie.
New ethnic identifications are not created out of nowhere nor are they natural appearances of historic roots but usually follow a certain strategy which fulfills certain needs. One of the needs can be the avoidance of racist stereotypes. This is the case with Egyptians and Ashkali who try to (...)
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